“ LE MAROC DANS LE PASSE “

 

Conférence exposée en 1990

par

Prof.Dr.Ercüment KURAN

Ex.Prof.d’Histoire à la Faculté

des Lettres à Ankara

Le MAROC, situé au Nord-Ouest de l’Afrique,est habité depuis l’époque paléolitique.

Les Berbères, peuple autochtone, furent arabisés à l’époque islamique qui commença au VII.

siècle. Les Almoravides, Almohades, Mérinides et Wattasides dominèrent succéssivement le pays dans les siècles suivants. Les Saadiens remplacèrent les Wattasides en 1554. Ils parvinrent à arréter l’invasion des Portugais qui avaient occupé les points stragétiques des côtes méditerranéennes et atlantiques.

Enfin les Alaouites succédèrent aux Saadiens en 1666.Cette dynastie continue administrer depuis lors. Le Sultan Moulay Ismail dont le règne dura de 1672 à 1727, mena

la lutte contre lesTurcs établis en Algérie en 1519.

La course constituait la principale source de richesse du pays. Au XVIII. siècle, les

Etats européens devinrent assez puissants pour entraver la course maghrébine, ce qui causa le déclin du Maroc. Les sultants marocains furent obligés de concéder aux Espagnoles et Anglais des privilèges commerciaux. La conférence d’Algéciras du 16 Janvier 1906 imposa au Sultan le contôle international de l’économie marocaine. Le Maroc dut accepter par le Traité de Fès, signé le 30 Mars 1912, le Protectorat de la France. L’Administration française s’éfforça à développer l’économie du pays. En effet`; routes, chemins de fer et ports furent construits. Casablanca et Rabat devinrent des centres industrieles.

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le mouvement nationaliste se forma au Moaroc, comme dans les autres pays maghrébins. Le Sultan Mohammed V prit la direction du mouvement. Mais, Il fut exilé au Madagascar en Août 1953. Cependant les moudjahidins marocains s’insurgèrent et attaquèrent les forces d’occupation. Le Gouvernement français décida à reconnaitre l’indépendance du Maroc. Le Sultan retourna de l’exil et est devenu “Roi du Maroc” en Août 1957, entreprit la modernisation de son pays. Il voulait établir un gouvernement costitutionnel. A sa mort survenue en Février 1961, son fils Hassan II lui succéda. Le jeune Roi continua l’oeuvre de son père.

Il parvint à faire voter, en Juin 1972, la Loi Constitutionelle harmonisant les principes démocratiques avec les droits royaux. De même, il réuissit à résoudre la question du Sahara occidental en négociant avec le Gouvernement algérien. La visite officielle du Président Bendjédid, le 7 Février 1988, au Maroc rétablit l’amitié entre les deux pays voisins. Sa Majesté Hassan II ne cessa de travailler pour le développement économique, social et culturel de son pays. Grâce à ses efforts assidus, le Maroc occupe aujourd’hui une position

prestgieuse dans le monde international.

Ankara, le 23 Mars 1990

LES RELATIONS ENTRE LE MAROC ET LA TURQUIE

ET LEUR EVOLUTION A TRAVERS L’HISTOIRE ([1])

 

Dr. Zahra ENNEDDAM

Le début des relations entre le Maroc et la Turquie remontent à la seconde moitié du 15ème siècle lorsqu’un premier ambassadeur s’est renduen Turquie pour présenter les félicitations du Sultan  marocain Abdelhak El Merini àl’occasion de la glorieuse conquête et l’entrée du Sultan Mehmet II, le Conquérant, à Constantinople en Mai 1453.

Cet événement a permis d’établir des relations particulières entre les deux pays. Plusieurs facteurs géographiques, politiques, religieux et culturels ont constitué un appui à ces relations qui ont duré plus de cinq siècles et ont contribué à leur approfondissement.

Ces relations ont commencé au milieu de la décadence qui a régné sur l’Occident musulman dont résultait la fin de l’Etat Islamique en Andalousie et le début des offensives menées par  les Espagnols et les Portugais contre les côtes des pays du Maghreb. Pendant cette période, les Ottomans qui avaient réalisé de grands succès par leur entrée à la capitale des Byzantins, ont pu franchir l’Est et menaçaient d’atteindre  le Centre de  l’Europe. Dès le début du 16ème siècle, ils se sont présentés comme défenseurs des pays islamiques aussi bien en Orient qu’en Occident musulmans.

Les flottes ottomanes qui parcourraient la Méditerranée, portaient secours aux pays du Maghreb dont les côtes souffraient des raids successifs des Ibériques. Les combats des frères Barbarousses, Arrouj et Kheireddine, étendus jusqu’aux côtes marocaines, avaient  pour but d’écarter les envahisseurs chrétiens, ce qui a permis de consolider les liens entre le Maroc et l’Etat Ottoman.

Depuis leur installation en Algérie en 1518, les sultans ottomans n’avaient pas cessé d’inciter les souverains Saâdiens à reconnaître leur sujétion et avaient aspiré à ce que cette soumission soit traduite  par l’annonce de leur allégeance et la prononciation de la prière en leurs noms. Leur but était dunifier le monde islamique sous l’autorité ottomane afin d’accomplir le projet du Califat Islamique que le sultan Selim I  avait entamé par le ralliement de la Syrie, l’Egypte et le Hedjaz, ce qui n’a pas été accepté  par les souverains marocains.

Les Saâdiens qui avaient reconnu la puissance de l’Etat ottoman, et le rôle prépondérant des sultans dans la protection des pays islamiques, parmi eux le Maroc, avaient manifesté leur attachement aux relations entre les deux Etatssans renoncer à la suprématie de leur pays ni à leur droit légitime au pouvoir.

De leur coté Les Ottomans avaient reconnu l’autorité des Saâdiens, et avaient veillé sur la stabilité et la sécurité du Maroc, en réservant  à ses souverains toutes sortes de soutiens pour accomplir leur tâche de Jihad (résistance) contre les  chrétiens. Plusieurs attitudes positives ont été inscrites en faveur des sultans ottomans à ce sujet.

Ces bonnes relations, maintenues par les souverains Ottomans et Saâdiens, ont été traduites par l’échange des ambassadeurs des deux pays ainsi que par des présents offerts mutuellement pendant les occasions religieuses et politiques.

Les Sultans Alaouites ont, par la suite, préservé ces relations et ont veillé sur leur continuité par le soutien matériel, politique et militaire  qu’ils ont accordés aux Ottomans, notamment pendant leurs guerres contre la Russie, l’Autriche et Napoléon Bonaparte.

Le 19ème siècle a connu un grand tournant dans l’histoire du Maroc et de l’Empire Ottoman à cause des pressions qui se sont succédées sur les deux pays  par les puissances européennes, qui tentaient d’empêcher tout rapprochement ou coopération entre le Maroc et l’Etat Ottoman dans le but de les affaiblir afin de procéder à l’occupation du Maroc et à la désintégration de l’Empire Ottoman.

En dépit des concurrences des pays européens et leurs pressions sur les deux Etats, les souverains marocains et ottomans ont maintenu leurs relations et les ont consolider à travers « la Ligue Islamique » qui leur a servi  entant que cadre de coopération et de solidarité.

En 1912 la France a réussi à imposer son protectorat sur le Maroc et à s’emparer, en collaboration avec l’Angleterre, d’une partie de l’Empire Ottoman ce qui a entravé les relations entre le Maroc et la Turquie. Ces événements ont permis l’apparition de quelques organisations qui ont conduit la résistance contre ces puissances.

Parmi ces organisations, le mouvement “la Jeune Turquie” qui est devenue active en Turquie et en Afrique du Nord depuis la fin du 19ème siècle. D’autres organisations semblables, ayant pris naissance au Maroc, ont mené des luttes contre la France et ses alliés, telle que le mouvement Abdelkrim El Khattabi, paru au Nord du Maroc depuis 1912.

Les conséquences qui se sont découlées de la première guerre mondiale ont éveillé les sentiments des nationalistes marocains et turcs. Mustapha Kamal qui a réussi à repousser les forces européennes alliées contre son pays est apparu comme un leader libérateur en Turquie. L’écho de ses victoires est parvenu jusqu’au Maroc. Ses succès ont donné une impulsion à Abdelkrim Al Khattabi dans sa résistance contre les occupants français et espagnols.

Certains nationalistes marocains, choqués par la position de la France après la première guerre mondiale,  ont même déclaré leur solidarité et ont montré leur désir de s’engager à côté de Mustapha Kamal (Atatürk) dans ses luttes contre les puissances européennes.

Malgré le protectorat imposé par la France au Maroc, ses relations avec la Turquie se sont poursuivies. Dès l’indépendance du Maroc, les relations diplomatiques entre les deux pays ont repris. Le Maroc a reçu le premier ambassadeur turc en 1957 et la Turquie a également reçu des ambassadeurs marocains. De même ces relations ont abouti, en 1966, à la signature des conventions et aux échanges de visites officielles entre le Royaume du Maroc et la République de la Turquie.

 


[1] )  Résumé d’une conférence donnée à la faculté des lettres à Rabat  -Maroc- en Février 2006.